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No conociera el mundo quien de casa no ha salido - el filósofo se tendió y así meditó


Tsunami : Anti-américanisme Print E-mail
Written by Yves La Marck   
Monday, 01 December 2008 02:38

5 novembre 2008 : Il ne reste plus un seul antiaméricain sur terre.
Il était difficile de ne pas s'associer au concert unanime d'admiration de l'Amérique. Un véritable tsunami a recouvert la planète. Il ne reste plus un seul anti-américain sur terre. Les Américains ont montré qu'ils savaient le moment venu faire le bon choix, le choix que chacun avait déjà fait pour soi hors des Etats-Unis. Même McCain l'a reconnu, le vrai McCain enfin libéré des compromissions de la politique électorale républicaine. Instant magique d'unanimité nationale. Mondiale aussi. Obama est le candidat rêvé non seulement pour les Etats-Unis, mais on rêve de l'avoir à la tête de la France, de la Grande Bretagne ... Les chefs d'État et de gouvernement, comme les chefs des oppositions, pour réussir chez eux vont devoir montrer qu'ils s'entendent bien avec lui, qu'ils lui ressemblent, qu'ils font la même politique que lui. La danse des sorcières va s'orchestrer dès les premiers rendez-vous autour de lui.
Bien entendu chacun sait, lui le premier, qu'il ne répondra pas à tous les espoirs placés en lui. Il est déjà en piste pour 2012. Un seul mandat ne suffira pas pour opérer le changement. Peut-être inaugurera-t-il, sous la pression populaire, le retour à un troisième mandat comme Roosevelt?
Bien sûr il l'a dit, il commettra des erreurs. On pourra donc le critiquer ici ou là pour telle ou telle décision. On sera encore libre de raison garder. Mais on sent bien que l'on sera emporté par le courant. Que, semaine après semaine, après mois, on sera sous le charme, séduit par cet incroyable joueur de flûte. Nous serons amenés à faire son éloge à chaque chronique. Cela démontrera une fois pour toutes que nous n'avons jamais été anti-américains. Nous nous inscrivons dans la tradition de Louis XVI, de Vergennes, de Rochambeau et de La Fayette: nous soutenons la révolution américaine. Nous serons donc à la pointe du combat, les Ultras 'Obama.
C'est ce qui nous distinguera des habituels hérauts de l'Amérique, quoi qu'il arrive, du libéralisme, du capitalisme, de tous ces plumitifs que nous dénonçons à longueur de colonnes depuis des décennies, de ce parti de l'étranger que nous pourfendons sans peur et sans relâche?
D'autant qu'Obama sera un super consensuel, quelqu'un qui passera son temps à dépasser les clivages, à réconcilier les extrêmes, à imaginer les compromis les plus improbables. Où nous situerons-nous dans ce magma obamaniaque, comment émergerons-nous dans la vague gigantesque qui mettra longtemps, très longtemps à retomber? Quelle sera notre différence? Comment faire entendre encore notre petite musique au milieu de cet orchestre de louanges?
Nous relèverons le défi par le haut, selon notre tradition royale. Un roi nous est donné. Comptez sur nous pour le porter aux nues. Nous serons ses propagandistes, mais à notre manière.
Fini l'anti-américanisme?
Finis les anti-Américains ? II en reste bien encore un : M. Dmitri Medvedev, président de la fédération de Russie. Cela n'étonnera pas. Les Russes sont racistes (c'est bien connu). Ils croient en la guerre de tous les Blancs contre tous les autres (un maréchal soviétique visionnaire dans les années 70 sur le site spatial de Baïkonour à l'un de nos ministres des Affaires étrangères). Si vous êtes contre Obama, c'est que vous êtes raciste. À prix, 55 % Blancs américains qui n'ont pas voté pour lui sont racistes?
Et les Chinois, me direz-vous? Bien plus intelligents, ils sont plus d'un milliard. Les Africains américains ne sont même pas trente millions. Les Chinois ont l'éternité pour eux; l'Histoire que célèbre l'Amérique avec ce vote a à peine cent ans, incluse dans une mémoire d'homme. Bizarrement, il n'a pas été question de la Chine dans toute la campagne présidentielle, contrairement à toutes les élections jusque-là et y compris l'élection de 2000. Omission réciproque qui ne signifie pas qu'ils vont s'ignorer. On attend la rencontre des Noirs et des Jaunes.
Disparition encore plus voyante du monde blanc? Obama est à la fois la victoire de la couleur et son effacement, puisque son élection marque, dit-on, l'avènement d'un monde postracial, monde post-américain (Fareed Zakaria), dans la mesure où l'Amérique, jusqu'à présent, qu'on le veuille ou non, était caractérisée dans le monde par le pays où la couleur de peau comptait. Il faudra apprendre désormais à ne plus voir le monde en noir et blanc, en pro et anti, en bons et en mauvais.
Last Updated on Monday, 01 December 2008 02:39
 

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